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Ladybud

La bulle d'une coccinelle

Après une année à Londres, une année de CAPES/vacances, la petite coccinelle continue son petit bonhomme de chemin: Le CAPES d'anglais j'aurai, des bêtises je dirai, des coups de gueule je pousserai, mais toujours rire je vous ferai...

Le Parc

Vendredi 30 Mars 2007, 15:22 GMT+2Par LadybudCet article a été lu 15 fois
1e Partie

 

Ce jour là, le premier jour, il faisait beau ! Tellement beau pour un mois de Mars ! C'était inimaginable. Et en même temps je ne pouvais m'empêcher de penser que ça ne durerait pas. Mon seul cours de la journée était passé et il me restait toute l'après-midi. Je devais réviser mais ce soleil éclatant et cette chaleur me poussaient inlassablement hors de la bibliothèque. Et soudain j'ai eu une idée. Le Parc. Il y avait des bancs et des tables au parc. Là je pourrais réviser tout en profitant du soleil.
A mon arrivée il était déjà là. Assis tout seul au milieu du banc. Il parlait tout seul. Il riait. J'ai choisi la table la plus éloignée de lui. J'ai même hésité à rester. Ce type me faisait peur ! On ne sait jamais avec les fous ! Il pouvait m'attaquer à tout moment.Voyant qu'il ne bougeait pas de son banc je me suis installée et j'ai révisé. De temps en temps je jetais un coup d'oeil pour vérifier qu'il était toujours là, ou du moins qu'il ne venait pas vers moi.
En repartant 3 heures plus tard je suis passée devant lui (à bonne distance cependant). C'était un clochard sans aucun doute. Ses habits étaient sales au possible, la taille de sa barbe indiquait qu'il ne s'était pas rasé depuis des semaines, peut être même des mois. Ses cheveux étaient sales et son pantalon troué. J'imaginais l'odeur qu'il devait dégager mais j'accélérai le pas car il me faisait peur. Il me regardait. Il a hoché la tête en me regardant et a esquissé un sourire. J'ai paniqué et je me suis mise à courir sans me retourner avant d'avoir quitté le parc. Je pouvais le voir au loin, il était toujours sur son banc. Il paraissait rire. A moitié dégoûté je suis rentrée chez moi.

Le lendemain, le temps était toujours aussi magnifique. Comme je n'avais cours qu'à 10 heures j'ai décidé de retourner au parc pour lire au lieu de rester cloitrée dans ma chambre. J'ai bien sûr pensé à lui mais j'étais sûre qu'il ne serait pas là. Et pourtant quand je suis arrivée, il était là assis sur son banc, exactement au même endroit,les mêmes habits, dans la même position : droite et raide, les mains sur les genoux et le regard dans le vide. Comme s'il n'avait pas bougé. J'essayais de lire mais je ne pouvais m'empêcher de le regarder. Il continuait à parler tout seul. Il riait beaucoup. Je me demandais s'il était vraiment resté là toute la nuit ! S'il était SDF de toute façon dormir ici ou ailleurs ne devait pas changer grand chose. A 9h30 je suis partie. En partant je suis passée devant lui. Plus prêt cette fois-ci. Il m'a sourit comme pour me dire bonjour. j'ai détourné la tête très vite et j'ai filé.


Le troisième jour il faisait beaucoup plus froid mais le soleil était toujours bien présent alors je suis retournée là bas. Quelque chose en moi voulait y retourner. J'étais curieuse de voir s'il serait là. S'il serait assis au même endroit. S'il serait toujours dans la même position. J'ai beaucoup hésité pensant que c'était n'importe quoi. Mais finalement la curiosité a été la plus forte. Et il était là. Il riait encore. Après quelques minutes d'observation, j'ai décidé de savoir s'il passait vraiment ses nuits ici. J'ai décidé de rester là jusqu'à ce qu'il parte. Pour voir. Après être passée chez moi prendre un manteau bien chaud et me préparer des sandwiches, je suis repartie. Je me disais que c'était de la folie mais cet homme m'obsédait. En passant devant lui hier et en le voyant de plus prêt, j'ai vu dans ses yeux quelque chose que je n'avais jamais vu avant. Le vide. Cet homme était là et c'était tout. Aucune vie ne se dégageait de lui, excepté pendant ces quelques instants où il parlait et riait.
A neuf heures il faisait nuit depuis déjà longtemps. Il faisait très froid et je commençais à avoir peur toute seule dans le parc. Enfin pas si seule. Il n'avait pas bougé. Plus je restais là à le regarder, plus il me fascinait. J'avais envie de savoir ce qu'il faisait là. Des dizaines de fois j'ai eu envie d'aller le voir et lui demander. Tout simplement. Après tout s'il avait voulu me faire du mal il aurait pu le faire hier ou avant hier. Mais il s'était toujours contenté de me sourire... Mais non on ne sait jamais avec les fous. A 10h30 j'entendis un bruit derrière moi. Mon sang se glaça, mon coeur battait la chamade, je pouvais sentir les veines de mon cou qui palpitaient. Ce n'était qu'un chat. Mais la peur m'avait décidée. Je suis rentrée. Frigorifiée, apeurée, tremblante. J'avais les larmes aux yeux. Comment ais-je pu être aussi stupide !


Le lendemain je n'y suis pas allée. Encore sous le coup de mon expérience de la veille et débodée de cours. Je me disais que c'était mieux comme ça et que je devais oublier. Je me suis plongée dans mes cours, je suis restée avec les filles à midi et après les cours j'ai fini mon livre. J'ai tout fait pour oublier. Ne pas y penser. Mais rien n'y faisait. J'avais gravé dans ma tête l'image de cet homme. Au fond de moi je savais qu'il y était toujours. Qu'il n'avait pas bougé. Et je savais que j'ignorais toujours pourquoi et ça me rendait dingue.


Le cinquième jour l'hivers avait repri ses droits. Il faisait quelque chose comme 2°C dehors. C'était Samedi. Je ne pensais qu'à aller au parc, me demandant si malgré le le frois il serait toujours là. Mais mes partiels arrivaient et je devais vraiment travailler. Après 3 heures à mon bureau je commençais à me sentir mal. Une pluie dilluvienne avait commencé à tomber et j'étais terrifiée à l'idée qu'il puisse toujours être sur son banc avec son pantalon troué. Dans un sursaut d'inquiétude j'ai sauté sur mon manteau et mon sac et je me suis précipitée dehors. Je courais presque. Le parc était à 10 minutes de chez moi. J'étais presque arrivée quand l'absurdité de mon comportament m'apparût comme une évidence. Bien sûr qu'il était parti. Avec cette pluie on n'y voyait pas à 10 mètres ! Il faisait un froid à vous glacer le sang. C'était absurde mais je continuais. Comme si je ne me contrôlais même plus. J'étais au parc. Avec cette pluie je ne voyais même pas le banc. Il fallait que j'entre et que je m'approche. Au fur et à mesure que je mapprochais du banc, je sentais des larmes me venir. C'était flou et je n'étais pas sûre à 100%, mais il était là. Je pouvais distinguer sa forme. Et enfin je pouvais le voir. J'étais devant lui. J'aurais pu le toucher. Il était là, il me regardait avec son regard vide. Moi je pleurais. J'étais bouleversée de le voir là. J'ai crié. Je lui ai crié qu'il était fou de rester ici. Je pleurais toujours comme un bébé, incapable de m'arrêter. Il me regardait et soudain m'a sourit. Horrifiée par son comportement j'ai commencé à hurler et à pleurer toujours plus fort. Il souriait toujours alors je l'ai attrapé par le bras, je voulais le faire bouger, le mettre à l'abri. J'avais l'impression de tirer une pierre. Il n'a pas sourcillé. Je le tirais de toute mes forces mais visiblement il ne voulait pas bouger et il ne bougeait pas. Il me regardait en souriant toujours. Son sourire me disait qu'il était bien ici et qu'il devait rester là où il était. A bout de nerfs j'ai lâché son bras et je me suis mise à courir. J'ai couru aussi vite que possible. Arrivée chez moi j'étais à bout de force, mes jambes tremblaient et ma gorgé était si sèche que chaque respiration était un calvaire. Je pleurais toujours sans pouvoir m'arrêter. J'ai attrapé une couverture et mon plus grand manteau et je suis repartie en courant. Arrivée au banc la pluie s'était calmée mais n'avait pas cessé. Je lui ai mis le manteau sur les épaules et je l'ai recouvert de la couverture. Il a hoché la tête pour me remercier, toujours un léger sourire dessiné sur ses lèvres ; comme pour me dire que ça n'était pas grave. Pleurant toujours je lui demandais pourquoi il s'entêtait à rester ici. pourquoi ce banc...Toutes les questions qui me trotaient dans la tête depuis ces 5 derniers jours sortaient comme autant de libérations. Il m'écoutait mais ne répondait pas. Complètement surexcitée je hurlais. "Pourquoi, mais pourquoi ne me répondez-vous pas ? Pourquoi ?! Est-ce que vous êtes sourds, muets ?? Je sais pas moi ! Répondez par pitié répondez !"... Je cachais mon visage dans mes mains et continuais à pleurer encore et encore. Au bout d'un moment la pluie c'était arrêtée. Mes larmes aussi.

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Ladybud dit

Suite et fin ce soir si tout va bien, et si vous avez de la chance... ;)

Vendredi 30 Mars 2007, 15:44 GMT+2 | Retour au début

MCM dit

Il faut raconter la fin de cette histoire, mais surtout ne pleure pas, toi tu veux l'aider pour qu'il se mette au chaud, mais lui peut-être ne va pas accepter ton aide, c'est dur pour lui d'accepter l'aide des autres, il n'a peut-être plus l'habitude qu'on lui tende la main. Mais toi petite Sister tu as le coeur sur la main, donc je comprends ta tristesse. Gros Bisous.

Vendredi 30 Mars 2007, 18:08 GMT+2 | Retour au début

ben c'es pas gai gai pour un vendredi soir...

je devrais pas rire , mais le coup du chat m'a fait mourrir de rire.

pardon pardon

Vendredi 30 Mars 2007, 19:08 GMT+2 | Retour au début

Après avoir , moi aussi ravalée mes larmes, je salue ton talent d'écrivaine .. si si , on peux le dire si on veux , c'est le féminin d'écrivain !!
;)

Vendredi 30 Mars 2007, 21:25 GMT+2 | Retour au début