Le Parc (suite)...
Je suis revenue ainsi chaque jour de chaque semaine pendant un mois. Au début je venais réviser avec lui. Je lui racontais mes cours comme pour lui apprendre et ça m'a fait réviser mieux que jamais. Je lui disais tout.
Je lui ai ensuite raconté mes partiels : à la sortie de chaque épreuve je lui livrais mes impressions, mes doutes, mes estimations... Je lui apportais à manger et je le laissait à côté de lui. Chanque fois que je revenais c'était toujours là. Intacte. Les larmes me venaient souvent. Je lui disais qu'il mourrait s'il ne mangeait pas. Il me regardait en souriant. J'ai eu bien des fois l'envie d'appeler quelqu'un pour l'aider. N'importe qui. La police, les services sociaux... Mais à chaque fois je me disais que quoi qu'on fasse, ça serait bien pire si on le forçait à quitter son banc. Alors je revenais chaque jour, lui parlant de ma journée, lui apportant à manger dans l'espoir qu'il se nourrisse, lui posant des questions en espérant qu'il me réponde...
La veille du résultat de mes partiels j'étais venue complètement angoissée. Il pleuvait donc je lui avait apporté un ciré et une couverture. Il avait senti mon anxiété et il s'était tourné vers moi, me souriant plus qu'à l'habitude. Je savais qu'il me soutenait et qu'il avait confiance. Parfois je le haissait de ne pas me répondre, mais ça, ce sourire, valait toutes les réponses et tous les encouragements du monde. Je suis partie sereine. Je l'ai même embrassée sur front. En lui promettant de revenir avec de bonnes nouvelles et le champagne le lendemain.
Je suis revenue avec la bonne nouvelle et le champagne...
Dès que je suis entrée dans le parc j'ai su que quelque chose n'allait pas. La police était du côté du banc. J'ai couru comme une folle, cassant les verres qui se trouvaient dans mon sac. J'avais les larmes aux yeux. La police avait encerclé le banc de bandes jaunes. Une ambulance se trouvait à proximité. Arrivée au niveau du banc un policier m'a arrêté et je me suis effondrée en larmes dans ses bras. "L'homme qui était sur ce banc est mort cette nuit. Vous le connaissiez ?". Sa voix était douce et compréhensive. Je ne voulais pas parler. Je voulais pleurer et souffrir. Je l'avais perdu. Il était parti. J'avais mal. Si mal ! J'avais envie de hurler.
Un homme est arrivé habillé comme un employé municipal. "Je le connaissais !". Ça faisait 4 mois qu'il venait régulièrement. Il s'assayait toujours sur ce banc, à la même place et il restait là des heures sans bouger à parler et à rire tout seul, comme un vieu fou.". J'étais effondrée. La douleur m'empêchait de riposter. Je me sentais bouillir. "Un jour il est arrivé le matin et je ne l'ai plus jamais vu quitter ce banc. C'était il y a environs 5 semaines".
5 semaines ! Cela faisait 5 semaines que je l'avais vu pour la première fois. "Quel jour ?" j'avais réussi à réfréner mes larmes pour lui demander. "Un mardi" me dit-il. C'étais le jour même où je l'avais rencontré. A cette idée je suis repartie de plus belle. J'ai couru à l'ambulance et j'ai voulu lui prendre la main. Un policier a essayé m'empêcher mais le chef lui a dit de me laisser. Les questions se bousculaient dans ma tête mais le chagrin et la douleur embrouillaient mon esprit. Je pleurais inlassablement lorsqu'un policier appela le chef pour lui annoncer qu'ils avaient son identité. Je levais la tête. Mes larmes n'avaient pas cessées mais tout à coup j'étais calmée, attentive au moindre mot qu'il allait prononcer. "C'était Nicolas GREUYOUX" dit-il d'une voix lourde. Tout le monde était bouche bée. Tout le monde regarda vers le banc. Je savais maintenant enfin pourquoi ce banc et pas un autre, cette partie du banc et pas une autre.
Il était assis sur le banc à la mémoire de l'ancienne Maire de la ville, adossé à la plaque en l'honneur de feu Mme Corinne GREUYOUX, décédée 4 mois auparavant. "Nous avons eu sa famille qui a dit qu'il était en phase terminale d'un cancer du larynx".
Tout était clair. Ce parc avait été construit à la demande de sa femme, près de 30 ans auparavant. Elle l'adorait. Il portait son nom. C'était sur ce banc qu'elle s'asseyait lorsqu'elle venait y faire un tour le dimanche avec son mari et ses enfants. Elle adorait ce banc. A sa mort il avait voulu la retrouver en venant ici. C'est à elle qu'il devait parler et c'est avec elle qu'il riait. Et je n'avais aucune preuve de cela mais quelque chose me disait que ce fameux mardi, celui où je l'ai vu pour la première fois, celui où il est arrivé pour ne jamais repartir, devait être celui où il a appri qu'il allait mourir. Et il était venu ici car c'est ici qu'il voulait mourir...avec elle.
FIN
Ceci est de la pure fiction !!! C'est un exercice d'écriture proposé par Lune Rousse dans son blog Carambole.
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nannette dit | he ben , c'est vachement triste comme histoire, ça m'a fichu un coup dis donc. |
MCM dit | De la pure fiction, et moi qui te laisse un commentaire dans la première partie de l'histoire, le 1er avril c'est dimanche Sister, tu es en avance de 2 jours.Hahaha.... |
Ladybud dit | Ouai MCM je suis désolée hein !!! |
Ladybud dit | Ouai je sais c'est triste mais j'ai eu un flash cet après'm l'histoire s'est dessinée dans ma tête et tout... Si tu veux te remonter le moral dans la même rubrique si tu l'as pas lu j'ai écrit "écriture italienne" qui est très drôle (je trouve)... Bisouilles nannettouille !!!! |
nannette dit | je vais aller de ce pas voir ça de mes propres yeux perso (ouh le vilain pléonasme) , ça y est je suis (enfin) en week end pfiou pas trop tot , je te dis. |
sunny dit | Moi je la trouve pas si triste. Il est mort heureux parce qu'il a rejoint la femme qu'il a aimé pour l'eternité. C'est une belle histoire |
Ladybud dit | Merci Sunny ! Je trouve aussi au fond !!! |
lalylue dit | dis donc ... la deuxième partie est encore mieux ... |
Ladybud dit | merci c'est très gentil ! Ca fait très plaisir ! |
nannette dit | je trouve l'idée magnifique, j'aime beaucoup à londres notament, ses bancs en bois dans les parcs, avec sur certains la peite plaque "in loveling memory of X", ça me rend toujours reveuse, je m'assoie et j'imagine ce qu'à du être la vie de ses personnes qui se sont tant aimés et qui ont eu tant de bonheur dans ces parcs pour avoir envie , d'y mettre un banc et d'y venir s'y receuillir. |
nannette dit | vive les histoires d'amour !!! |
Ladybud dit | Merci nannette !!! |
Ninie dit | Cette histoire m'a carrement emmenée ! J'ai eu beaucoup de mal à lire la fin tellement je pleurais... Félicitations |
davidnonoise dit | yep beau coup de fusil fillette!!! tres bien ton truc,, |
Ladybud dit | Merci venant petit nazikus !! Contente que ça te plaise !!! |











